Les stresseurs, perceptions positives et accomodements

Cette fois, nous approfondissons le concept de stress défini par le Dr Selye et ses successeurs jusqu’à ce jour.

 

Mais avant, faisons un retour sur la courbe de progression du stress sous la forme d’une cloche aplatie sur le dessus. On peut dire que lorsqu’on se situe dans la pente ascendante à gauche de la courbe nous vivons un ‘’bon stress. Pour se faire, on utilise avec succès nos cognitions soit nos capacités de jugement, d’anticipation des événements, nos expériences de vie, nos connaissances et nos diverses habiletés apprises tout au long de notre vie pour donner la juste réponse aux exigences de notre environnement.

 

 

Le mauvais stress se retrouve dans la partie à droite de la courbe. Nous sommes là parce que nous avons dépassé nos capacités d’adaptation soit parce que les changements sont trop rapides, trop grands pour nos connaissances, expériences et habiletés. Il y a aussi le plateau qui est une phase de résistance. Nous avons alors un temps limité pour arriver à nous adapter ou bien on retourne à la phase du bon stress parce que nous parvenons à trouver des outils d’adaptation, ou bien on s’enfonce dans le mauvais stress et la kyrielle de maladies associées. J’ajouterais un autre type de stress qui est l’absence de stress que l’on retrouve dans des moments de pratique de qu’on appelle le mindfulness et/ou de pleines consciences  que nous avons déjà abordés dans des vidéos précédemment.

 

Dr Selye affirmait qu’il n’y avait qu’une réponse généralisée d’adaptation non spécifique de l’organisme quel que soit la source et la nature du stress (une agression physique contre soi, un tremblement de terre, prendre la parole en public, etc.). Les recherches sur les humains ont amené une compréhension plus modulée que celles de Dr Selye faites sur les animaux.

 

Depuis, on donne plus d’importance à la notion de stresseur, la source qui génère le stress. Il existe autant des stresseurs internes comme une maladie et/ou des sentiments d’infériorité lorsque nous devons prendre la parole en public.

 

Dr Seligman décrit trois grands types de stresseur soient ceux qui demandent une adaptation normale et aisée comme la gravitation pour une secrétaire. Ces stresseurs sont plus ou moins ressentie. Il y a les stresseurs de moyenne intensité. Ils exigent une adaptation à son environnement viable. Prenons le trapéziste, il doit déjouer les pièges de la gravitation par le développement d’habiletés particulières. Ce genre de stresseurs constitue la plupart des exigences de l’environnement requérant un ajustement. Enfin, il y a des conditions d’adaptation impossibles pour l’organisme qui entraînent nécessairement la mort telles que les stresseurs associés à des expositions à des radiations excessives, le fait de recevoir une balle de pistolet, voire un poison mortel.

 

En 2010, Dr Seligman avec ses recherches sur le fait de penser positivement, quels que soient les événements qui nous arrivent souligne qu’en matière de stress le facteur important est moins la source de stress que la manière de percevoir et de ressentir ce dernier.

 

 

Dans le cas des stresseurs de moyenne intensité, la perception de ces derniers devient de première importance notamment chez les humains comparativement aux animaux (les rats) tels qu’étudiés par le Dr Selye. Notamment, les sentiments vécus d’impuissance et de désespoir peuvent avoir un impact majeur sur le ressenti du stress. On sait que ces dernières sont des émotions apprises et elles peuvent donc être désapprises.

 

Le Dr Richard Lazarus etDr Suzan Folkman indiquent que le vécu du stress est conditionnel à comment on établit nos rapports avec les exigences de l’environnement. C’est une question d’accommodement.  Si on a une propension à voir les événements de notre vie positivement, on a des chances de mieux s’adapter.

 

Illustrons cela, par les exemples de deux employés qui prendront la parole en public. Le premier est sûr de lui, il a toujours reçu des éloges pour ce qu’il a fait sans sa vie. Il se prépare bien et ne pense pas d’avance à comment il prendra la parole. Il arrive sur la scène et deux minutes avant de parler il est inquiet à savoir s’il n’oubliera rien. Les hormones de stress l’aident à se mobiliser et à performer au-delà de ses attentes. Il reçoit des applaudissements nourris. Le second tout aussi compétent, sinon plus que le précédent, s’est fait dire tout au long de sa vie qu’il doit travailler fort pour réussir. Il  a subi des critiques dans le passé sur ses performances. Ces dernières l’ont rendu anxieux. Il pense fréquemment aux réactions possibles des participants. Il a peur tout au long de sa préparation et fige de panique à quelques reprises. À un moment, il se retrouve sur scène, il voit à peine les gens dans la salle, il oublie son texte tellement il est paniqué et figé. Il n’arrive pas à prendre la parole épuisée par les semaines qui précèdent à lutter contre son stress. Il quitte la salle dans la honte et décide de quitter son emploi convaincu qu’il n’arrivera jamais à vaincre le désespoir vécu.

 

Pourtant dans les deux cas, nous avons affaire à des personnes compétentes, la différence  se situe dans la perception du passé du fait de prendre la parole en public, l’un vit une histoire de succès, l’autre une histoire d’échec et de honte.

 

Dans les prochains vidéos, nous verrons comment on peut intervenir pour réduire l’impact du stress négatif dans nos vies.

 

 

Bibliographie :

Vester Frederic (1976), Vaincre le stress, Delachaux Nestlé.

Dr Hans Selye,(1974), Stress sans détresse, Les éditions de la Presse.

Jon Kabatt Zin (2013), Full Catastrophe Linving, Unified Buddhist Church, Inc.

Jon Kabatt Zin (2012), Mindfullness for beginners, Sounds True, Inc.

Wikipedia, Stress.

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